
Interview diffusé sur RTL dans l'émission de Georges Lang, WRTLGeorges Lang est le spécialiste français de la musique nord américaine. Il anime de nombreuses émissions de radio sur RTL, les Nocturenes du Lundi au Vendredi de minuit à trois Heures, WRTL Country le vendredi soir de minuit à trois heure et Saga le Samedi de 23H à 1H). country, en Janvier 2004. Cette retranscription garde le style parlé pour garder la spontanéité de l'échange.
Georges Lang : Annabel, sa voix, ses récits, son histoire mais aussi sa musique
GL : Annabel on le sait est beaucoup programmée actuellement sur l’antenne de WRTL country parce que son album "By My Side" est une pure merveille et je pèse mes mots, alors je ne vais pas te demander de me dire merci, je vais seulement te demander comment, dans quelles conditions, dans quel esprit tu as enregistré cet album ?
Annabel : On va dire que c’est un album que l’on a préparé, que l’on a travaillé, qu’on a mis en place depuis plusieurs années. Et donc chaque chanson qu’il y a sur cet album a une petite histoire ; a quelque chose, on a plutôt à l’esprit de rencontre, de parler des gens qui nous entourent ; puis aussi de parler des influences que j’ai eu ; et tout simplement de passer des moments avec ces personnes là. On a voulu passer entre le folk, la country, peut être des choses, j’oserais dire teintées pop ; uniquement teintées et des choses acoustiques un petit peu à la Alison krauss
GL : Alors dis moi; est ce qu’il est facile de mener sa carrière à partir d’une ville qui est quand même loin de Paris ; loin de Lyon ; loin de Marseille; loin des grandes métropoles; loin de Nashville évidemment et qui s’appelle Saint Etienne. Est-ce que c’est facile ?
Annabel : On va dire que la chance que l’on a, à St Etienne, c’est que l’on n’est pas trop loin ,finalement, de Lyon , a tout moment on peut prendre un TGV pour aller a Paris. Aller dans le sud. On vas dire aussi que parce qu’on n’est pas sur Paris pour tout ce qui est médias, tout ce qui est presse, effectivement c’est un petit peu compliqué. Souvent c’est des choses par téléphone ou par email, par Internet et c’est d’autant plus difficile de faire parler de soi parce qu’on est éloigné des grands centres ; mais on y arrive quand même un minimum. C’est beaucoup d’acharnements aussi, beaucoup de passion pour cette musique. Mais ça va Saint Etienne n’est pas encore trop éloigné des grands pôles, on n’est qu’a quatre heures de Paris. On y arrive un minimum.
GL : Tu te recommandes beaucoup de l’esprit d’Emmylou Harris. D’ailleurs tu la cite dans le livret qui accompagne ton CD. Est-ce que ça reste pour toi un bel exemple ? Est-ce que c’est pour toi une grande source d’inspiration ?
Annabel : La plus belle chose que j’ai eu dans ma vie c’est d’entendre Emmylou Harris. On ne peut pas dire vraiment ce que ç’a ma fait. J’ai eu l’impression de rencontrer ; virtuellement bien sur ; quelqu’un de formidable qui avait une émotion dans la voix. Et c’est la seule fois où j’ai eu cette émotion là ; c’est en écoutant Emmylou Harris et je crois que je ne regretterais jamais de ma vie. Et voila c’est quelqu’un d’extraordinaire.
GL : Tu a voulu lui rendre hommage sur cet album "by my side", en reprenant un titre fantastique que j’ai toujours adoré, et qui s’appelle « Calling my children home ». Mais comment en est tu arrivée à sélectionner une telle chanson, qui est difficile à chanter a cappella, et je dois dire que c’est une réussite ; parce que je t’ai dis, et que je t’ai fait pratiquement rougir, que ta version je l’adorais bien plus que celle d’Emmylou.
Annabel : Alors, en fait la petite histoire c’est que j’ai un ami ; que je connais depuis longtemps. A chaque fois que l’on se retrouve; chaque fois que l’on se revois; on a cette chanson que l’on chante ; depuis toute petite ; ensemble. Je me suis dit : pourquoi pas la mettre sur le prochain album, puisque cette chanson, qui a fait partir de ma vie; j’avais vraiment envie de l’enregistrer un jour. Et cet ami qui s’appelle Fabien est un chanteur de pop anglaise. Il se trouve que l’on s’est revu avant l’album, et chaque fois que l’on se revois, on a beaucoup de plaisir à chanter cette chanson. On s’est dit : il faut la fixer à tout jamais sur quelque chose. On a osé, et ma foie, on ne le regrette pas.
GL : Il y a d’autre choses que j’aime beaucoup sur cet album, et notamment « Another day for another show ». Ça c’est toi qui l’a écrite, non seulement tu chante bien et en plus tu compose bien; parce que cette chanson est remarquable et je le disais en préambule, avant que l’on commence cet interview ; les artiste français viennent dans mon WRTL Country à condition que ça ne dénote pas par rapport à la grosse production américaine. Et cet album ne dénote pas. Alors cette chanson particulièrement de quoi parle telle « Another day for another show » ?
Annabel : C’est encore un petit bout d’histoire. Cette chanson parle d’un moment que j’ais vécu, il y a quelques années ; en tournée ; où je dirais, le stress, la fatigue ont eu un petit peu raison de moi et j’ai eu un petit coup de baisse de moral on va dire. Et je me suis dit : tien c’est peut être une chanson à écrire. C’est peut être quelque chose qu’il faut dire parce que même les chanteuses de country ; même les musiciens ; même s’ils sont passionnés ; même s’ils aiment profondément, du fond du cœur, ce qu’ils font, et bien eux aussi peuvent avoir un petit peu une baisse de moral et de vouloir peut être s’enfuir. Tout quitter. Et bien sur reprendre plus tard. Mais un petit moment, je dirais, de silence, de tranquillité que l’on n'arrive pas à retrouver à certains moments dans les tournées. Et donc j’ai eu ça qui est passé, comme ça, dans ma tête, et ma foie, j’ai voulu pareil, la graver, la mettre sur un album, parce que souvent les musiciens n’osent pas le dire, mais la musique c’est une passion, on est très très heureux dans vivre, et de pouvoir en vivre. Mais il y a justement des limites et lorsqu’on arrive plus justement à les mettre, ces limites là, voila ça donne des chansons comme « Another day for another show ».
GL : C’est une association qui s’appelle « le citron aveugle » qui s’occupe un peu de la promotion d’Annabel. Tu vis comment ? Tu vis de la musique ? Tu y arrives à Saint Etienne ou tu fais un job à côté ?
Annabel : Je suis intermittente du spectacle (rires). On n’en parlera pas. Et je vis oui de ma musique et c’est un grand bonheur, un grand honneur ; parce que je sais qu’il y a des gens qui essayent et qui ont beaucoup de mal. Parce que c’est très très dur de trouver des contrats. Mais c’est vrai que j’arrive à en vivre et je suis très très heureuse de ça. Ma foi on croise les doigts, on espère que ça va continuer.
GL : Alors Saint Etienne n’est pas trop loin de l’Ardèche, et si je site cette région de France c’est que là bas ce trouve une de tes meilleures amies qui s’appelle Liane Edwards. Une américaine de Caroline du Nord, qui habite dans le centre de la France parce qu’elle y a trouver l’amour et parce qu’elle trouve que c’est très country finalement, l’Ardèche. Liane et toi vous travaillez ensemble. Elle t’aide peut-être dans cette langue anglaise. Tu la maîtrises bien la langue anglaise, en tous cas tu la chantes bien.
Annabel : Merci. Je dirais que je parle, mais de là à posséder l’art du verbe, c’est différant encore; et c’est vrai qu’avec Liane, on a une réelle amitié. C’est vraiment quelqu’un que j’aime profondément. Qui pour moi est une grande artiste. Qui écrit très bien et vu qu’on ce connaît beaucoup et que l’on s’apprécie beaucoup, elle a compris ce que je voulais dire, et elle a réussi à l’écrire. Donc je lui ai laissé quartier libre sur les chansons, on les a faites ensemble au niveau des textes, il y a des choses que l’on a écrites plus ou moins en collaboration. Mais Liane me connaît tellement bien qu’il n’y a pas beaucoup de corrections à faire, et c’est vrai que c’est très très agréable de travailler avec quelqu’un qui maîtrise sa langue comme elle la maîtrise, parce que c’est vrai qu’elle est américaine ; mais on écrit pas forcement bien parce qu’on est américain. Elle en plus a ce talent la donc j’ais été très heureuse de travailler avec elle et je travaillerai encore avec elle.
GL : Alors si pour illustrer ce qu’on vient de dire, ce que tu a di, je te demande de choisir une chanson de ton album qui a été écrite avec Liane Edwards, laquelle choisirais-tu ?
Annabel : ça serait « My Side » parce que My Side c’est Liane, qu’elle est à mes côtés et j’espère pour longtemps.
GL : Annabel dis moi, la scène country en France, tu la connais. Avec des hauts, avec des bas, avec des gens plus ou moins talentueux. Est-ce que tu les connais ? Est-ce que vous vous fréquentez ou pas ?
Annabel : Oui. Oui, oui on va dire que l’on est plus ou moins une grande famille et l’on se connait tous et chaque fois que la saison des festivals reprend, on est toujours heureux de ce retrouver. Bon je pourrai citer pleins d’amis …Appaloosa, les Country Cooking…. Il y a plein de gens comme ça que l’on aimerait retrouver, et puis je vais citer quelqu’un que j’adore énormément c’est Charlie Mc Coy
GL : Alors lui il n’est pas vraiment de Saint Etienne Charlie Mc Coy. On l’adore tous je t’avais un jour demandé de venir a Canal Web lorsque j’officiais pour une émission qui s’appelait New Country TV et tous les deux vous étiez venus et vous aviez chanté un merveilleux titre. De quoi s’agit-il exactement et comment a tu rencontrer Charlie ?
Annabel : Alors Charlie. On va commencer par la rencontre. Et bien ma foi le producteur un jour m’a dit : écoute Charlie voudrait en première partie une jeune fille qui chanterait en acoustique. Est-ce que tu es d’accord ? Automatiquement on dit oui et c’est vrai que j’avais très peur de le rencontrer parce que c’est un monument. Il est mondialement connu, puis c’est vrai que c’est quelqu’un qui est là depuis des années et des années. Un jour j’ai vu un monsieur arriver avec une casquette ; on était le premier soir de tournée, je le vois s’asseoir dans le public, durant la balance, et moi, je dirais, que j’étais en train de faire le son ; je chante une chanson qui est un peu blues, qui s’appelle « nobody knows you when you’re down and out » et j’entends un éclat de rire de joie, quelqu’un qui applaudit et qui dit «nobody knows you when you’re down and out yes ! I love this song » et c’était Charlie, je me dis à partir de ce moment là ho la la, il est définitivement un grand homme et on a parlé, beaucoup parlé, il se trouve que la tournée a très bien fonctionné et l’on s’est vraiment lié d’amitié. C’est un homme que j’admire énormément et qui a fait beaucoup de choses pour moi. Et donc notamment de chanter wayfaring stranger avec moi sur scène, c’est un cadeau immense chaque soir de la tournée, je n’en reviens pas moi-même, je me dis mon dieu, je chante à côté de Charlie Mc Coy, quel bonheur.
GL : Pour la nouvelle génération qui ne connaît pas Charlie Mc Coy, c’est un harmoniciste, chanteur qui a pignon sur rue à Nashville. C’est quelqu’un qui fait partir de tous ces gens qui ont fait le son de Nashville, qui ont été aussi à l’origine du retour d’Eddy Mitchell dans les années 70 car grâce à lui grâce à d’autres musiciens américains de la place, Eddy Mitchell est revenu sur scène et depuis sa marche beaucoup. Alors Charlie Mc Coy, un petit homme de taille avec un grand chapeau. Il y tient beaucoup, il se promène toujours avec sa boite à chapeaux ? Tu le considères presque comme un papa non ?
Annabel : Oh oui. Oui, il a quelque chose de bien veillant comme une main au dessus de quelqu’un et pour moi oui c’est un deuxième papa, il faut dire la vérité.
GL : Et pourquoi avez vous choisi tous les deux cette chanson « wayfaring stranger » qui a été aussi chanter par Emmylou Harris ?
Annabel : Charlie un jour m’a dit « est-ce que tu veux remonter un jour sur scène avec moi pour chanter ? J’aime cette chanson, ça faisait longtemps que je ne l’avais pas entendue et j’aimerais la faire avec toi. » Donc c’est lui en fait qui a choisi. Je pense que c’est une chanson qui a une histoire pour lui. Comme je dis souvent, c’est une chanson qui parle d’un passage de la vie à la mort. Certainement qu’elle a une signification aussi pour lui ?
GL : Tu as fait une tentative sur l’album By my side qui s’appelle mon cowboy rose. C’est l’histoire d’un cowboy qui n’est pas très viril. On comprend dans le texte, un cowboy gay. Tu l’a fait en français pour qu’elle raison ?
Annabel : La première raison, c’est que j’ai rencontré un auteur français de Saint Etienne. Il s’appelle Antoine Barailler. Il écrit vraiment très très bien. Son avenir a lui est dans la chanson française. Un jour on s’est réuni autour d’une table, il m’a dit : tu as des thèmes pour les chansons que tu voudrais que je t’écrive ? Je lui ais dit que mon meilleur ami est gay et que c’est une cause que je défends parce que je pense que ce n’est pas parce que on est gay qu’on n’est pas humain et souvent beaucoup de gens ont tendance à l’oublier donc je le cris haut et fort. Je lui ai parlé de ça, il avait une certaine sensibilité par rapport à ça. Il m’a di je peux bien écrire sur ce sujet. En français ça m’arrange car je veux que tout le monde comprenne ça. Je lui ai dit tu peux choisir d’autre thèmes, il m’a dit non, je veux parler de la country, des cowboys et des gays.
GL : C’est un paris parce que aux états unis ce sont deux choses antinomiques, on ne peut pratiquement pas, et je donne un autre exemple, country boy et végétarien comme on ne parle pas être cow-boy est gay. Donc c’est un pari que tu as pris
Annabel : C’est un pari que j’ai pris, puis c’est vrai qu’Antoine a eu cette idée là en disant est-ce que tu crois que ça va passer. Je lui ai dit que cette chanson me plaît, j’espère qu’elle ne va pas trop déranger. Je veux tout simplement convaincre le public et les gens, ceux qui écoutent, que n’importe qui peut être gay, même des cowboys dans n’importe quel métier, dans n’importe quel milieu il peut y avoir des gens homosexuels, aussi bien des femmes que des hommes. Je savais que je prenais un petit risque, mais il faut peut être de temps en temps risquer des petites choses. En tout cas, je sais que tous mes amis gays ont adorés cette chanson et ne serais ce que pour eux, je suis contente de l’avoir fait.
GL: J’aimerais bien Annabel ,que tu nous parle des gens qui t’entourent et puis particulièrement de quelqu’un que je connais pour l’avoir reçu régulièrement à Canal Web dans l’émission New Country TV , il s’agit de Thierry Lecoq.
Annabel : Ah Thierry, c’est un bon ami, on s’est rencontré sur un festival il y a très très longtemps. Il m’a toujours aidé, toujours soutenu et en plus d’être un ami, c’est à mon sens un musicien extraordinaire qui a une sensibilité vraiment à part et à chaque fois que j’ai besoin d’un mandoliniste ou d’un violoniste sur l’album, je sais que si j’appelle Thierry, je vais avoir quelque chose qui au niveau de l’émotion va correspondre à ce que je veux et qui au niveau du travail sera bien fait. Avec Thierry on n’est jamais déçu, c’est la deuxième fois qu’on fait appel à lui pour les mandolines et les violons, parce que c’est toujours très bien fait, et il a surtout compris ce que je voulais
GL : Il travaille lui aussi à la composition ?
Annabel : Pas avec moi, mais il a des titres à lui. Il a notamment travaillé avec Rebecca et il a son album; qui est spécial, ce n’est pas un album typiquement country, mais qui pour moi peut aider à l’évolution de cette musique.
GL : Je voudrais rendre hommage à tous ces musiciens anonymes français qui aiment la country et qui en jouent. Tu parlais de Rebecca Venture bien sur, je le dis pour ceux qui ne le seraient pas. Je voudrais citer Jean Yves lozac’h qui travaille avec Eddy Mitchell dans ses tournées. Je voudrais parler de tous ces musiciens qui accompagnent euh, Mary à Lyon de Mary & Co, Christian Labone, je voudrais parler des musiciens qui accompagnent Vicky Layne, de Ange Amadeï à Marseille. Je voudrais parler aussi de tous les musiciens qui sont autour de Linda Jacob. Y a vraiment du monde en France et souvent je me dis, mais pourquoi n’y a-t-il pas plus de très bon disques enregistrés. C’est donc peut être aussi un problème de son et d’enregistrement. Comme je le disais tout à l’heure moi je ne vois aucun problème à ce que ses disques passent dans mon émission, à condition qu’ils ne détonnent pas, qu’ils ne dénotent pas par rapport à la production américaine. Alors certains arrivent comme le tien, comme les Roads Riders. C’est un problème de studio, tu crois ? Toi tu connais un bon studio ?
Annabel : Oui, je connais, j’ai la chance de connaître un très bon studio. C’est le studio Mag. On a eu le bonheur de les rencontrer. C’est un studio qui est c’est vrai très professionnel, mais c’est surtout des gens qui sont à l’écoute. Ils ne connaissaient pas la country music vraiment, ils n’en avaient jamais enregistré et pour enregistrer mon album, ils m’ont demandé des dizaines et des dizaines de disques. Ils ont étudié le son qui avait dans ces albums là, donc des albums américains. Ils ont écouté, ils ont vraiment passé du temps et je les en remercie pour ça. Ils ont compris l’âme, Ils ont compris le son qu'y a dans la country music parce que c’est une musique qui a un son, et ils n’ont pas hésiter à prendre aussi des risques parce que c’est la première fois qu’ils enregistrés un album country et à le faire ils ont fait ça très bien. Je pense à Michel Turco, je pense à Gino Turco, à Marc Cottevieille . Ce sont vraiment des gens de grand talent parce qu’il ne suffit pas d’avoir des musiciens de talent, il faut aussi des preneurs de son, ça c’est très important, puis aussi des gens qui savent mixer et studio Mag ont vraiment réussis. Alors je le conseille, je ne veut pas faire de la publicité ; je conseille à tous les artistes de trouver de bon studios et peut être d’aller les voir parce que eux ils ont compris
GL : Et enregistrer de la country avec des gens qui apportent quelque chose à la country, qui ne ce contentent pas de prendre le son d’une guitare acoustique et d’une belle voix
Annabel : Voila c’est exactement ça. Ils ont pris le temps de comprendre cette musique, ils ont écouté, je leur ai donné des disques d’Alison Krauss, d’Emmylou Harris, des Dixie Chicks que j’aime beaucoup aussi. Ils ont écouté Alan Jackson, Garth Brooks. Ils ont adoré parce qu’ils ce sont rendu compte que c’était une musique qui était prenante, qu’il y avait des choses à prendre dans cette musique, des choses que le grand public pouvait aimer. Ils ce sont même poser la question en me disant : on entend ces morceaux la, c’est de la country, et on ne le dit pas, ils mon tous dis c’est pas normal et (coupure de GL)
GL : C’est le grand débat, Annabel, je te vois enthousiaste et en même temps désespérée, parce que c’est vrai que parfois l’on se pose tant de questions, ça fait tant d’années que moi de mon côté je tiens le même discours. C’est un peu comme monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, combien de fois, moi, je passe de la country dans les nocturnes et je ne dis pas que c’est de la country, comme par exemple je passe ton disque dans les nocturnes qui s’appelle « Calling in my children home » et tout le monde dit c’est génial, et j’ose a peine dire ben oui c’est une chanteuse de country qui fait ça et en plus elle est française, alors je ne dis rien, je me dis s’ils aiment c’est tant mieux . Je voudrais revenir sur deux titres qui sont des reprises sur ton album, il y a d’une part un titre des Carpenters si je ne me trompe pas, c’est « The end of the world » et l’autre c’est la reprise d’une chanson qui à était un tube, l’immense tube de Chris Isaak Wicked Game, pourquoi ?
Annabel : Alors « The end of the world » . Il y a une artiste que je trouve extraordinaire, qui s’appelle Vonda Shepard, qui n’est pas très connue, elle a la chance d’avoir signée la BO d’une série qui s’appelle Ally McBeal, et cette dame elle chante, c’est une merveille. Elle fait des arrangements et dans cette série TV elle fait de la country au sens large du thème. Et quand elle a chanter « The end of the world », je me suis dis : mon dieu c’est une chanson magnifique et elle est remise au goût du jour, c’est devenu pour moi une chanson phare donc je me suis dis il faut reprendre cette chanson.
GL : c’est limite pop country mais ce n’est pas grave.
Annabel : Oui voila, c’est pop country mais la country c’est quoi, c’est quelque chose de large finalement. Il ne faut pas limiter cette musique à des frontières, pourquoi ? C’est une musique du monde, donc je pense qu’il faut des influences du monde entier dans cette musique. Elle les a de toutes manière par sa constitution du départ, c’est une musique qui est internationale, donc pourquoi ne pas l’élargir et la teinter. Moi je pense qu’Emmylou Harris quand elle fait all my tears sa reste country, parce que le thème est country, les accords sont country, c’est du la mineur, du do du sol, enfin je veux dire. Alors il y a peut être des gens qui trouverons que ce n’est pas vraiment de la country parce que Daniel Lanois a mis des choses, des sons, etc. etc. mais le thème , le thème vient de la, sa vient du fond du cœur donc sa vient du folk et de la country, et donc on a la chance d’avoir une musique qui peut s’élargir, qui peut s’ouvrir, il faut le faire, c’est vrai que Vonda Shepard met des mandolines dans ces albums, elle met des violons mais elle élargie donc elle a vraiment compris.
GL : Voici pour « the end of the world », et l’autre chanson que je parlais tout à l’heure, c’est Wicked Game.
Annabel : C’est une vidéo que j’ai vue de Chris Isaac. Les célèbres vidéos qui sont faites comme Eric Clapton a fait pour MTV je crois, donc c’est les unplugged. J’ai découvert quelqu’un qui avait une émotion dans la voix, une sensibilité hors norme dans cette vidéo. Il chante, c’est tellement léger, c’est tellement aérien, on a l’impression que c’est une musique qui vient du ciel, qui flotte, j’ai toujours adoré ce titre, depuis très très longtemps j’écoute ce titre mais la en l’écoutant unplugged, donc en acoustique, j’ai vraiment redécouvert quelque chose, je me suis dit, c’est vrai que ce n’est pas forcément country, mais pourquoi pas !
GL : Il aime beaucoup la country, je l’ai reçut, il a fait quelques chansons acoustiques dans mon studio, et je peux te dire, il aime ça
Annabel : C’est une grande chance de l’avoir rencontré, et voilà, on sent ces influences, moi je ne suis dit pourquoi pas reprendre cette chanson qui est surtout une chanson d’homme. J’ai voulu aussi mettre dans mon répertoire des chansons d’homme parce que en tant que fille, on a tendance à faire des reprises féminines. Mais la je me suis dit aller on essaye puis on verra bien, donc voila elle est la parce que c’est une chanson magnifique, et puis c’est un gars merveilleux qui chante cette chanson.
GL : Annabel, tu vas faire les festivals parce que les festivals en été, il y en a beaucoup, on va donner tout au long de l’été les dates et les endroit ou tu te produira, pour ce qui ne te connaissent pas, tu a une particularité, c’est que tu ne porte pas de chapeau, tu ne porte jamais de bottes, tu as les cheveux très longs et depuis aujourd’hui je sais que tu es d’origine sicilienne, ceci explique celas. C’est sympa d’avoir une jolie country girl comme toi. Je te remercie encore de nous avoir donné un si bel album, car c’est un don du ciel, je l’ais dit, d’avoir ce genre de chose.
Annabel : Je voulais te remercier car c’est important pour nous d’avoir des gens comme toi, parce que tu donne une image très positive de notre musique et en tant qu’artiste on a besoin d’aide et si l’on a personne comme toi, ça peut paraître un peut bizarre mais on a du mal a y arriver, donc j’espère que tu va continuer longtemps a nous faire entendre et a nous supporter, car on est peut être un petit peu pénibles les artistes, je ne sais pas, voilas j’ai plains d’espoir pour cette musique et je pense qu’avec de bonnes personnes , on peut y arriver. Voila je te remercie de m’avoir accueillie.
GL : Merci Annabel. Bon vent ça ce dit en français take care on dit en anglais
Annabel : Merci beaucoup


